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LA RETIRADA, LA FUITE DES RÉPUBLICAINS

Mis à jour : 30 août 2019

De 1936 à 1939, nombreux étaient les espagnols à avoir trouvé refuge en France, fuyant la guerre civile. Cette "Retirada", -retraite en espagnol et catalan- comme on l'appelle, a changé la vie des Pyrénées et de ses habitants. Retour en arrière de 80 ans, sur une période encore peu connue.


Le soulèvement militaire des nationalistes du 18 juillet 1936 lance le conflit dans le pays. Le Général Franco (alors au pouvoir), l'Eglise et l'armée soutiennent les nationalistes. Face à eux, les Républicains tentent de changer l'Espagne. Très vite en danger par les troupes franquistes, ils décident, tout d'abord, de se réfugier en Catalogne. Ce refuge tiendra quelques années. Franco fini par s’emparer de Barcelone le 26 janvier 1939. Les Républicains sont, alors, à nouveau, obligés de fuir et cette fois-ci, c'est en France.


Une fuite dans des conditions difficiles

Entre les dures températures, la fatigue de trois ans de combats et les bombardements des soldats franquistes, le passage est très difficile. Edouard Daladier, Président radical français, ouvre les frontières le 28 janvier. Jusqu'au 13 février, 475 000 personnes se réfugient sur le territoire français. Les français ne voient pas ces arrivées d'un bon œil. Sous Daladier, un décret concernant l'internement administratif des étrangers "indésirables", c’est-à-dire susceptibles de troubler l’ordre public et la sécurité nationale avait été mis en place le 12 novembre 1938. Vite débordées, les autorités françaises déploient les militaires aux frontières.


Des camps pour les réfugiés espagnols

Une fois la frontière passée, les réfugiés sont conduit vers des centres d’accueils où ils peuvent reprendre des forces en ayant un accès aux soins et à des vivres. Avec l'afflux de personnes, des familles ont parfois dû être séparées. Femmes, enfants et personnes agées sont dirigés dans des régions du centre de la France. Ils restent, alors, dans des centres d'hébergements ; certains avec une bonne condition de vie et d'autres non. Quant aux hommes, ils vont dans des camps d'internements sur les plages du Roussillon et dans le Sud-Ouest de la France. Argelès-sur-mer, Barcarès, Saint-Cyprien, Vernet, Agde, Gurs et pleins d'autres sont des camps construits pour la main-d'oeuvre. 87 000 hommes sont recensés à Argelès début mars 1939. Lors d'une conférence de presse en février de la même année, Albert Sarraut, ministre de l'Intérieur, a dit "le camp d’Argelès sur Mer ne sera pas un lieu pénitentiaire, mais un camp de concentration. Ce n’est pas la même chose". Dormant directement sur le sable, aucun endroit pour s'abriter, manque d'hygiène, de nourritures et d'eau, nombreux sont ceux qui meurt. Avec l'aide d'organisations internationales de soutien aux réfugiés espagnols, ils tentent d'organiser des activités telles que des jeux de cartes, compétitions sportives, lecture... 173 000 espagnols sont toujours dans ces camps en juin 1939. Certains se font rapatrier par les autorités françaises afin de réduire le nombre de personnes dans les camps. Durant la seconde guerre mondiale, les espagnols restés en France s'occupent de renforcer les frontières. Franco reste au pouvoir jusqu'en 1975. A la fin de la seconde guerre mondiale, 240 000 espagnols sont en France dont 40% d'exilés républicains.


Aujourd'hui, 80 ans plus tard, cette fuite a toujours une place considérable dans des régions françaises, notamment Occitanie. Beaucoup d'espagnols sont restés en France pour se construire une nouvelle vie.