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LA GUERRE DES TÉMOIGNAGES

La guerre d’Algérie est complexe autant sur le plan militaire, politique que sur le plan des témoignages. Plusieurs œuvres littéraires et cinématographiques ont subi des censures ou des contradictions. Retour sur la guerre des témoignages.


Pourquoi la guerre d’Algérie ? La France occupe le territoire depuis 1830, en 1954, l’Algérie demande officiellement son indépendance. Chose, que la

France refuse, une guerre de 8 ans finit par en découler. Cette guerre aura coûté cher à la France. De nombreux témoignages ont vu le jour avant la fin de l’indépendance, comme La Question d’Henri Alleg, journaliste militant, le 12 février 1958. Il raconte sa propre histoire et surtout l’histoire des tortures civiles durant cette période. Les forces de l’ordre l’arrêtent afin d’essayer de retrouver André Moine, l’un des dirigeants du Parti communiste algérien, devenu clandestin. Il a été interrogé sous les coups de la torture mais n’a jamais cédé et n’a jamais rien révélé. C’est pourquoi il écrit sa biographie mais de façon atypique. Toujours en prison, il se retrouve à l’écrire sur des feuilles de papier toilettes. Lors des visites du collectif des avocats communistes, il leur transmettait les feuilles. Le livre est saisi en mars pour empêcher sa diffusion, de nombreuses contestations ont eu lieu. Des grandes figures de la littérature française telles que François Mauriac, Roger Martin du Gard, Jean-Paul Sartre envoient une lettre solennelle à René Coty, Président à ce moment-là. Pour François Mauriac, écrivain français, il s’agit d’“un témoignage sobre ayant le ton neutre de l’Histoire”. Malgré ces contestions, les exemplaires continuent d’être enlevés. Il n’a pu publier son histoire que des années après la signature de l’indépendance.


C’est au tour du film La Bataille d’Alger de Gillo Pontocorvo d’être censuré. La bataille commence le 7 janvier avec les terroristes qui sont recherchés dans toute la ville. Alger est retournée sans dessus-dessous, des regards méfiants sont présents à chaque coin de rue. La terreur est définitivement installée. Le film algéro-italien présente cette journée sanglante en suivant l’histoire d’Ali La Pointe, combattant algérien du FLN (Front de Libération Nationale). Il est basé sur des faits réels. Cependant le film présente la torture comme ayant été efficace pour déconstruire le FLN d’Alger, ce qui est une position très controversée de nos jours. Sous la pression d’associations d’anciens combattans, de l’extrême-droite et de menaces, il est interdit en France. C’est seulement en 1971 qu’il peut être joué. Mais pas pour le bonheur de tout le monde. En effet, une forte charge de plastique, placée dans le hall d’un cinéma de Béziers qui projetait La Bataille d’Alger, explose et cause d’importants dégâts matériels. Il est donc censuré jusqu’en 2004. Les raisons ? Il s’agirait d’un film de propagande et exposant le comportement des militaires français durant la guerre sans nom. En bref, le sujet reste trop tabou. Le film, présenté au Festival de Venise en 1966 n’a reçu aucunes bonnes critiques de la part de la délégation française. Gillo Pontocorvo et La Bataille d’Alger reçoivent le Lion d’Or, l’opposition de la France n’a, apparemment, pas joué dans les délibérations.


François Hollande, Président de la République, reconnaît en 2012, le caractère “brutal et injuste” de la colonisation française, la répression des manifestations et, également, l’usage de la torture.


Encore aujourd’hui, la guerre d’Algérie, dite “sans nom” pendant longtemps, divise. La fin de celle-ci est marquée depuis plusieurs années mais elle reste encore trop fraîche dans les mémoires de certains. 


Si vous souhaitez approfondir le sujet, voici d’autres œuvres : 


  • Livre : Histoire dessinée de la guerre d’Algérie de Benjamin Stora et Sébastien Vassant

  • Livre : Où j’ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari

  • Film : La Trahison de Philippe Faucon



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